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Dérisoires désirs

J’ai déposé mes tares
Sur la table basse avec mes clés
Mon portable
Pris une blanche feuille
Une franche plume
Pour mettre le doigt sur la fraîche faille

Fouiller mon cœur
(Où j’ai foutu mon fichu sourire ?
Dans quelle valve ?)
Dérisoires désirs en désordre…
[N.B : a / mettre la horde de démons en sourdine
b / organiser le bien-être !]

En attendant
Dîner en tête à tête avec ma tête
Multiplier les espoirs en cours
Afin qu’ils fassent des p'tits
Et relativiser small misères & co

Se contenter de l'étroitesse d’une vie terrestre ? Non !
Dormir à poings nommés
En rêvant d’une nuit pleine d’affinité avec l’infini...

Inspiration

Je ne suis jamais plus inspiré que lorsque je trempe ma plume dans le silence,
les doigts tachés par l’encre de l’indicible...

Homme de ménage

Chaque jour
j’ouvre la fenêtre de mon esprit
(les pensées négatives
c’est comme la poussière
on les voit mieux à la lumière)

Ensuite j’enfile des gants
et à coup de spray introspectifs
je m’emploie
à essuyer toute trace
de pessimisme résiduel

Je m’évertue
à secouer le tapis de ma conscience
à faire le ménage dans mon coeur
balayer débris de mauvaise foi et
autres squames de p’tites rancunes
qui s'entassent dans les rainures de mon âme

Nettoyer, laver
les surfaces de mon for-intérieur

Bref
tout ce qui m’empêche d'être libre et responsable, heureux et en paix

C’est fou ce que l’ego
peut produire comme déchets
en une journée !

L'apparence n’est qu’un cache-misère

Le chemin

Va Vis et écris

Il n’y a pas de chemin qui mène à la poésie
Le poème est le chemin
Avec ses erreurs et ses ronces
Ses fleurs et ses errances
Son sang et sa poussière
Ses rires et sa sueur


Va Vis et écris…

Le poète

Son espoir, sa trempe
Sa monstrueuse sincérité
Son cœur de soufre
Son poumon sur la main
Son amour implacable
Sa cicatrice, sa foi
Sa dangereuse lucidité
Sa tristesse intestinale
Son âme chevillée aux tripes
Son empathie ombilicale
Sa vessie pleine de vérités
Sa liberté estomaquante
Son organique besoin d’être
Son squelettique désir d’avoir
...
Son sourire est une blessure au visage
une plaie béante qui suinte de sa bouche
bée devant l’injustice des hommes béats d’eux-mêmes

Insomnie du Jour

Le sang coule
dans nos vaines apparences
vivre à l’envers des corps
et fermer les yeux sur
ce qui nous rend aveugles
à quelle simagrée se vouer
l’insomnie du jour nous concerne
quand nous échouons
à être nous-mêmes
s’accorder des temps-morts
pour rester vivant
retrouver la veine qui mène à soi
piqûre de rappel
se dévouer cœur sur la main
aux besoins vitaux de son âme

Apparences urbaines

Sous leurs aspects virils
Les civils ne sont pas tous civilisés
Paradoxe de la ville
Plus ya d’humains moins ya d’humanité
Quand les hommes ignorent tout d’eux-mêmes
Ils croient tout savoir de l'espèce humaine